Le Bourgogne avait un goût amer.
Par Raphy Stoller le mercredi 14 juin 2006, 17:04 - A propos de mowa - Lien permanent
À chaque fois que je parle de la Bourgogne, c'est avec le coeur rempli de joie. Mais aujourd'hui, celui-ci s'est empli de tristesse. La vie de celui que toute notre famille appelait tendrement « Pépé » s'est arrêté à l'âge de 81 ans.
Maintenant il va falloir raconter l'histoire de sa vie aux arrières petits enfants afin de leur expliquer qu'il était un véritable héros, non pas comme Batman ou Superman, mais comme beaucoup d'autres hommes qui ont donnés leur jeunesse lors de l'occupation. Lui, avait pris le Maquis à Collonge sous le nom de « Lundi ». Puis il s'était engagé au 4e Choc afin de poursuivre le combat. Après cette période bien sombre des jours meilleurs sont arrivés et c'est dans les pompiers à Écuisse que notre Grand Père à poursuivi son action auprès des autres jusqu'à la création du Corps Communautaire. Comme nous le racontait mon oncle en souriant à peine le premier coup de sirène sonné, il était déjà prêt et c'est tout juste si la mobylette ne démarrait pas toute seule.
Moi, je me souviens d'un homme simple et très généreux. Lors de nos visites à Écuisse, il nous offrait toujours de pleins cageots de légumes qu'il cultivait avec passion dans son jardin. Sans parler de ses lapins qu'il élevait. En fait, le coffre de la voiture de mes parents n'était jamais assez grand pour tout emporter. Je me remémore également toutes ces parties de pêche que nous partagions. Mon Grand Père, c'était le brochet qu'il aimait taquiner. Alors il avait appris à mes cousins et moi même à attraper des vifs. Je me souviens aussi de l'amorce qu'il préparait pour prendre de la friture, notamment de l'ingrédient spécial qu'il ajoutait à cette préparation. Ça sentait bon l'anis. Puis il y avait la cave au sol fait de terre battu sous la maison. De temps en temps il y descendait pour remonter de bonnes vielles bouteilles dont nous partagions le précieux liquide.
Cette semaine, c'est la première fois que le vin de Bourgogne que j'ai goûté avait un arrière goût d'amertume. Il me manquait quelqu'un. Malheureusement il va me manquer longtemps. Cette nuit, je vais sortir ma lunette afin de voir si une nouvelle étoile est apparue dans le ciel.




Commentaires
Je n'ai plus mes deux grands pères.
Tout comme le tien, l'un des deux à pris une partie active dans la résistance. Malheureusement je n'en connais pas grand chose, je ne me souvient que des veillées, enfumées d'effluves de Boyard maïs, ou il racontait ses "histoires".
De l'autre grand père je ne sais rien sur cette période.
L'inconvénient c'est qu'eux ne souhaitent qu'oublier cette période difficile et notre génération souhaite en connaître le plus possible.
Un proverbe africain dit : Quand un vieux sage disparait c'est une bibliothèque qui brûle...
Ce n'est jamais aussi vrai lorsque c'est un proche !!!
Amicalement
LoG
En fait, je ne connaissais pas très bien l'histoire de mon Grand Père. Ce n'est que l'année dernière où je l'avais un peu questionner sur le sujet que j'ai appris cela et encore, il ne m'avait pas donner de détail, juste qu'il avait été actif durant l'occupation. C'est aussi dû à l'humilité qu'il ne voulait pas en parler je suppose.
Puis comme tu le dis, L'inconvénient c'est qu'eux ne souhaitent qu'oublier cette période difficile.
Comme tu le dit il va nous manquer notre pépé, malheureusement c'est la vie et un jour ou l'autre nous aussi on ira rejoindre le ciel.A bientôt(j'espère)autour d'un bon vin et partager nos souvenirs.
Salut Raphy,
Ah les pépés qui ont connu les restrictions et les moments ou il y avait des choix à faire, les miens avaient connu l'horreur des tranchées et donc la der des der qui ne l'était pas.
Que de complicité sur le bord des rivières qui recelaient en ce temps là des écrevisses à pattes rouges, et puis aussi les parties de chasse dans les marais ou mes bottes n'étaient pas assez hautes.
Il n'ont pas connu la semaine des 35 heures et sont partis usés par les souvenirs de toutes ses horreurs et pour l'un deux désabusé par les conséquence funeste de la pacification.
Je dois dire que lors des cérémonies au monument aux morts ou les écoliers étaient conviés et présents il n'y avait pas que la pluie qui ruisselait sur ma figure.
Je ne suis toujours pas pépé, encore que je radote un peu et que ma pompe est en train de me lâcher, cette année encore pas de pic nic, je confie le 29 juin mon avenir au chirurgien qui doit ouvrir le capot et changer les durits.
En tout cas je me rappelle encore du goût de la bière brassée localement au fond du verre après mes sept ans.
Non ce n'était pas de la GROSTAMBOUR, et encore sa maxime même si le POMPON connaissait le chemin est gravée dans ma ROM « ne jamais prendre plus que l'on ne peut porter « le bon sens leur tenait lieu de philosophie.
Eh oui la bagnole n'était pas encore Reine.
Oui RAPHY je partage avec toi l'amertume de cet instant, et si ta lunette est brouillée c'est peut être la buée qui souvent dans ces cas là nous sors des yeux.
Amitiés.
deja 2 semaine mais toujours autant de vide dans nos vies Pépé me manque.chaque jour il es present dans nos pensées hier chez nous l'orage était la...les parties de petanque on commencer entre pepe et philipon!!et dans bas j'imagine les clin d'oeil que pepe nous fait pour dire qu'il a le point!nous apprendrons aux arrieres petits enfants à quel point il était unique et meme si l'on a perdu un etre cher nous avons recu le plus merveilleux des anges. a bientot